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Passoires thermiques en zone tendue : entre interdiction et réalité du terrain

Publié le 25 Avril 2025

Depuis l’interdiction progressive de mise en location des passoires thermiques, on pourrait croire que les logements les plus énergivores (classés G et bientôt F) sont en voie de disparition. En théorie, oui. En pratique, surtout en zone tendue, la situation est bien plus nuancée.

Les grandes villes et métropoles souffrent toutes d’une même réalité : une forte demande locative couplée à une offre restreinte. Dans ce contexte, même les logements mal isolés, coûteux à chauffer, trouvent preneur. Pourquoi ? Parce que pour beaucoup de locataires, il vaut mieux une passoire que rien.

Les passoires thermiques représentent encore environ 16 % du parc locatif privé, soit plus de 1,5 million de logements. Et dans certaines zones tendues comme Paris, Lille ou Marseille, ce chiffre reste stable. Les propriétaires savent que la demande est telle qu’ils continueront à louer, quitte à contourner la loi ou à se dispenser de diagnostics. Pourtant, depuis janvier 2023, les logements classés G+ (consommation > 450 kWh/m²/an) sont théoriquement interdits à la location. L’interdiction s’étendra aux G en 2025 et aux F en 2028. Mais l’application reste limitée par un manque de contrôle. Les locataires ignorent souvent leurs droits, et les autorités n’ont ni les moyens humains ni les outils pour vérifier les annonces ou baux signés.

Autre frein : le coût des rénovations. Isoler un appartement ancien en zone dense, sans isolation extérieure possible, reste un investissement lourd. Beaucoup de bailleurs renoncent, malgré les aides existantes, jugées complexes ou insuffisantes.

Résultat : certains propriétaires contournent la loi avec des baux courts, des locations meublées ou en omettant le DPE. D’autres préfèrent vendre. Cela alimente la spéculation et aggrave la crise du logement.

Côté locataires, la précarité énergétique devient un quotidien : factures élevées, humidité, inconfort… En zone tendue, on paie cher pour vivre mal. Certains ménages cumulent une double peine : loyers élevés et dépenses énergétiques importantes.

La lutte contre les passoires thermiques est une nécessité environnementale, mais aussi sociale. Elle ne pourra être efficace qu’avec un vrai accompagnement des bailleurs, des contrôles renforcés et une meilleure protection des locataires.

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